3 choses à savoir sur les mystérieuses orchidées
Vous ne connaissez pas les orchidées ? Ces plantes à fleurs qui pour attirer les pollinisateurs usent de mille ruses et leurres ? On vous raconte 3 faits surprenants sur leurs mystérieux pouvoirs.
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Anatomie d’une tombeuse
Chez les orchidées, on met toutes les chances de son côté. Au cours de l’évolution, la fleur s’est modifiée pour faciliter la tâche du pollinisateur. Le labelle doit servir de piste d’atterrissage visible et confortable. Dans l’immense majorité des cas, il est donc en position inférieure, et tourné vers le haut, afin de permettre aux insectes besogneux de se poser sans autre tergiversation logistique.
Durant leur épanouissement, nos séductrices effectuent des mouvements bien précis pour faire tourner la tête des insectes. Eh oui, les plantes bougent… mais très lentement. C’est le naturaliste suédois Carl von Linné qui découvre le phénomène chez les orchidées en 1780. Il le nomme résupination. Lorsqu’elle éclot, la fleur va pivoter son labelle à 180° vers le bas. Mais ce n’est pas tant l’angle de rotation qui compte, mais plutôt la position finale. Des scientifiques ont modifié artificiellement l’inclinaison des inflorescences d’orchidées et ont observé que le labelle finissait toujours bien en place. Une prouesse permise grâce à des cellules spécialisées munies de statolithes, des petits éléments minéraux qui rendent la fleur sensible à la gravité. Vertigineux !

Singulières et émancipées
En 1980, on avait décrit environ 15 000 espèces d’orchidées dans le monde. Quarante ans plus tard, on en connaît près du double ! Avec près de 29 000 espèces, la famille nombreuse se classe au second rang de la diversité, juste derrière celle des astéracées (famille de la marguerite). L’atout des orchidacées réside dans l’adaptation. Des prairies sèches aux forêts humides et du niveau de la mer jusqu’aux plus hauts sommets, il y en a toujours une pour étendre ses racines sous terre, sur un arbre, voire sur la roche. Seule l’eau ne leur convient pas, et encore…
En Europe, leurs rangs comptent 350 représentantes. Et question diversification, le genre Ophrys sait y faire. En seulement 5 millions d’années, le groupe a montré un des taux de spéciation les plus élevés connus à ce jour avec 29 000 espèces. Tout est dans la subtilité : en attirant un insecte bien ciblé, les populations de ces orchidées divergent les unes des autres et offrent mille visages… Mais la romance fleur-abeille peut tourner court. Le changement climatique brutal désynchronise les calendriers des butineurs et de leurs hôtes. Faut-il craindre la rupture ?
Arnaques, recherches et botanique
Accusé de spéculer, Charles Darwin n’a pas tout de suite convaincu la communauté scientifique avec sa théorie de l’évolution. Mais l’éminent biologiste était avant tout un grand botaniste. En 1862, soit trois ans après son ouvrage phare L’Origine des espèces, il publie une étude sur la reproduction sexuée des orchidées : De la fécondation des orchidées par les insectes et des bons résultats du croisement lui vaudra l’approbation de ses pairs et assoira sa théorie de l’évolution dans les esprits. Il y explique notamment la coévolution entre ces plantes et leur pollinisateur spécifique.
En outre, pendant dix ans, il conduit des expériences d’autofécondation et prouve que cela crée des espèces moins compétitrices et davantage stériles. En étudiant une orchidée de Madagascar dotée d’un éperon – tube fin, creux et recourbé qui contient le nectar à sa base – long de 35 cm, Darwin pense qu’il doit exister un pollinisateur spécialisé muni d’une longue trompe. Là encore, il peine à convaincre. Sa théorie sera pourtant validée en 1903 par l’observation d’un papillon nocturne à la trompe démesurée, désormais nommé sphinx de Darwin, en train de butiner cette orchidée.

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Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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