Le muscardin, un p’tit rouquin costaud
Cousin muscardin se débrouille plutôt bien. Ce rongeur au poil doré vit dans un univers végétal à sa mesure, une jungle menue où rares sont ceux qui parviennent à le suivre.
Cousin muscardin se débrouille plutôt bien. Ce rongeur au poil doré vit dans un univers végétal à sa mesure, une jungle menue où rares sont ceux qui parviennent à le suivre.
Sur le tableau de famille, le muscardin ne passe pas inaperçu. Alors que le pelage du loir et du lérot navigue entre les tons bruns et gris, avec un rien de blanc et de noir, le muscardin est tout feu tout flamme. D’un beau roux orangé du bout de la queue à la pointe du museau, sa couleur lui vaut le surnom de rat d’or ou encore de souris rouge. Moins poétiques, les scientifiques l’ont baptisé Muscardinus à cause de l’odeur de musc que dégagerait son poil.

Mains de singe
A peine plus long qu’un index humain, soit environ six à huit centimètres sans la queue, le muscardin est beaucoup plus petit que ses parents. Mignon à souhait, il doit largement son charme à ses grands yeux noirs, humides et brillants de curiosité. Son corps se prolonge par une queue touffue, qu’il utilise comme balancier. Il peut aussi la serrer un peu autour des branches pour assurer une prise incertaine.
Le muscardin possède l’agilité du singe. Pour évoluer dans les buissons touffus, les ronces et les lianes, la nature a doté l’animal de mains très agiles, à l’avant comme à l’arrière. Il peut empoigner fermement les branches les plus fines, glisser ses doigts entre les épines et y déambuler sans risque, à l’endroit comme à l’envers. Sûr de lui, il n’hésite pas à se suspendre tête en bas, les pattes arrière écartelées entre deux rameaux, pour cueillir une friandise récalcitrante.

Dons de caméléon
Nocturne, le muscardin reste toute la journée dans son nid. Mais il n’y dort que d’un œil. Si quelque chose l’inquiète, un bruit, une odeur ou une vibration suspecte, il quitte son refuge, court, saute et grimpe, puis disparaît dans les branches.
Après avoir parcouru quelques mètres, il se fige le long d’un rameau, queue tendue, et ne remue plus une oreille. Le muscardin devient alors feuille morte parmi les feuilles mortes, bout de bois ou écorce roussâtre de la forêt. Patient, il peut rester dans cette position plusieurs dizaines de minutes. Lorsque le danger est passé, le petit rongeur revient lentement à son point de départ, avec la prudence du caméléon, et s’enfile dans son abri pour continuer sa sieste.
Ruse de lézard
Mais qui donc s'acharnerait à capturer le muscardin dans son repaire ? Le chat, la martre, l’hermine ? Aucun n’est assez léger pour le poursuivre jusqu’au bout des branches. La chouette hulotte peut-être ? Il faudrait qu’elle soit folle pour lui plonger dessus, serres en avant, dans ces fourrés de lianes étrangleuses et d’aiguillons crochus.
Si, malgré tout, un prédateur téméraire parvient à l’agripper par la queue, le muscardin use d’un ultime stratagème : il se débat comme un beau diable et abandonne derrière lui son bel appendice, comme un lézard.
Le quatrième larron
Une quatrième espèce de gliridés existe dans l’Est de l’Europe : le lérotin. D’une taille intermédiaire entre le lérot et le muscardin, ce petit rongeur arboricole vit principalement dans les forêts de conifères bien pourvues en herbes hautes et en buissons bas. Dans les Alpes autrichiennes, il se rencontre jusqu’à 2’300 m d’altitude.
En Suisse, le lérotin est extrêmement rare et mal connu : il n’a été observé que dans quelques localités de l’Engadine. Sa répartition géographique ne débute vraiment que dans les Balkans, passe par les Carpathes, puis traverse la Russie jusqu’à Moscou au nord, et s’étend au sud jusqu’au Caucase, en Asie Mineure et au nord de l’Iran.


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Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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